De l’utilisation des données comportementales post-recherche
Thomas SOUDAZ dans Référencement le 4 février 2009 à 1 h 34 min
Lorsqu’on interroge les ingénieurs ou portes-paroles de Google sur la légitimité de telle ou telle nouvelle fonctionnalité ajoutée dans les SERPs la réponse consiste bien souvent à nous dire « ne vous en faites pas nous avons les moyens de vous faire parler mesurer cela ». Au cas où vous en doutiez encore Google analyse scrupuleusement le comportement de ses utilisateurs avant (historique, contexte, support, profil) pendant (lors de la saisie) et surtout après l’acte de recherche.
Une première approche consiste a se demander quelles sont les interactions clefs user & site centric mesurées par Google servant de base aux calculs des quotients comportementaux.
- Temps de réponse (serveur)
- Le type de recherche
- Temps de chargement (client)
- Les CTR des tous les éléments de page (sur les résultats, les sitelinks, la pagination, les suggestions, les résultats de la recherche universelle, les filtres de langues, les liens vers les moteurs verticaux images, news, blogs et bien sûr les ads…)
- Le taux de rebond
- Le taux de reformulation
- Le taux de retour sur la page de résultat après un rebond
Confrontons ces interactions aux objectifs de Google, une recherche réussie pour Google c’est une réponse pertinente, organisée dans l’ordre suivant :
- Monétisation : lorsque l’offre (les annonceurs Adwords) rencontre la demande (l’utilisateur) pour se traduire par un clic.
- Service Google : Lorsque l’un des services Google répond à la demande de l’utilisateur, Google product aux US, les onebox, Google news, se positionnent, sous réserve d’être pertinents, au sommet des SERPs.
- Enfin l’enfant pauvre des SERPs : les résultats organiques présentés devront apporter une réponse pertinente qui satisfasse les utilisateurs.
Dans sa quête perpétuelle de pertinence Google aurait tort de ne pas appliquer un processus approchant celui utilisé pour les liens sponsorisés (CTR Et Quality Score), les résultats organiques n’ont aucune raison d’échapper à la règle. Si Google a une tendance naturelle à ne pas faire confiance à l’être humain et a privilégier l’algorithme, se servir des statistiques des données comportementales est tout à fait compatible avec cette philosophie.
En effet, en faisant varier l’ordre des résultats il est tout à fait possible d’isoler et d’établir un score comportemental pour chacun des résultats/sites présentés aux internautes..
En plus des composants habituels du ranking (pertinence au sens « plain text » amélioré, netlinking ou popularité, thématique, et filtres antispam) y associer des données comportementales ouvre un large éventail de possibilités au plus grand laboratoire du monde que représente les SERPs.
Quid des bots ?
Google s’est fait une spécialité du tracking des clics de concurrents « faux clics » générés de manière à tromper l’algorithme Adwords. Pour la collecte des interactions post-recherche la tâche de Google se voit grandement simplifiée puisqu’il n’y a plus l’impératif de tracker tous les clics, un échantillon représentatif (lié à un compte google actif) soigneusement choisi permettrait d’éluder une grosse partie, voir la totalité de l’activité des bots.
C’est la lecture de ce brevet de Google qui a inspiré la réflexion autour de cet article.
Faudrait-il donc en déduire que GG se sert allégrement des données Analytics des sites ? Et dans ce cas là y aurait-il une moins value ou une plus-value dans l’utilisation de gg analytics?
Cet article soulève de nombreuses questions
A vrai dire je suis agnostique sur la question de l’utilisation des données Google analytics pour le search…
Les données comportementales que je cite concerne les SERPs, et, sont "trackable" sans avoir recours à des données autres que celles issues des statistiques des SERPs de Google.
Une chose est sûre, vu le nombre de sites qui sont passés à Analytics, si ce n’est pas déjà le cas, la tentation chez Google doit être forte.
Utiliser Google Analytics serait une grave erreur déontologique, et stratégique puisque tout finis par se savoir, et que comme le souligne Thomas, Google n’a pas besoin de cela.
Sur les 2 dernières années, je me suis progressivement convaincu que Google utilise des données comportementales pour tester des pages et affiner les SERPs.
Je n’ai en revanche jamais vu de test qui montre un lien entre ces données et une évolution des résultats.
Donc pour leréférenceur, la question :
Quelle données sont utilisée, pour quels enseignements ?
Comme je te l’avais dit dans une autre discussion, le taux de rebond me semble un mauvais indicateur (confirmé par Matt Sucks je crois). Mes test de gonflement (quelques peu artificiels) du taux de rebond n’ont jamais produit de résultat visible dans les SERPs.
@alex : dès que ça touche à l’algo et encore plus aux filtres antispam ils sont quand même très doué pour ne rien laisser filtrer chez Google
@magic : le taux de rebond du site est clairement insuffisant et puis il suppose que Google regarde les stats d’analytics ou de sa toolbar (Matt sucks et tout GG prétendent le contraire); un mélange de CTR pondéré en fonction de la position et du taux de retour sur les SERPs me semble être pas si mal.
Le taux de rebond seul n’aurait pas vraiment d’intérêt pour affiner le classement des résultats : un internaute peut trouver son bonheur de manière tout à fait pertinente en ne visitant qu’une seule page d’un site. Si un billet de blog répond à la demande de l’internaute, pourquoi irait il visiter plus de pages ? Il peut même passer 3 heures sur la page et fermer le site ensuite…
En revanche, le taux de clic sur une page de résultats de recherche me parait assez pertinent pour impacter le classement. Si on a un résultat en position 3 qui clique deux fois moins qu’un résultat en position 6, il y a des chances pour qu’on assiste à un rééquilibrage…
@alex : penses tu vraiment que gg en ait qq ch à faire de la déontologie ?
ce qui les intéresse, c’est tes $$$$
J’ai eu un peu la même reflection que toi.. mais ma conclusion est un peu différente…
Tant que Google n’utilise que ces données dans le cadre du Search et dans le but d’améliorer ses services, je suis pour.
Par contre, il en sait tellement sur nous que ça peut faire très mal !
j’était certain que google utilisait nos données pour optimiser sa régie publicitaire.